Engraissement des veaux

 

L'évolution de la production des viandes rouges durant les deux dernières décades a été marquée par un équilibre entre l'offre et la demande exprimée, se traduisant par une augmentation moyenne de 1% par an pour atteindre environ 330.000 tonnes actuellement.

Selon la stratégie d'élevage élaborée pour l'horizon 2020, la production de viande rouge devrait connaître une amélioration à un rythme plus élevé (1,16% par an) pour atteindre 440.000 tonnes en l'an 2020.
Face à cette situation, le secteur de la production de viande rouge notamment bovine devrait connaître un développement important basé sur une transformation des élevages existants en unités d'engraissement rationnelles assurant une meilleure productivité et par conséquent, une amélioration de la consommation à travers la diminution du prix de revient du kilogramme de viande produite. Ce n’est que de cette manière qu’on pourra parler de compétitivité et donc avoir une place dans un marché de libre échange pour lequel nos concurrents se sont préparés il y a bien longtemps.

 

Objectifs


-          Développer l’élevage et la production de viande par la maîtrise des techniques d’engraissement des taurillons et des agneaux.

Pour y arriver, il faudra présenter tous les facteurs qui interviennent tout au long du processus d’engraissement et parfois même avant quand les animaux à engraisser sont produits au niveau de l’exploitation ou acquis à un très bas age. Ces facteurs incluent : l’éleveur lui même, les bâtiments d’élevage, le type d’animaux, les soins à apporter, et la conduite alimentaire.

l'éleveur
-          Il doit être un homme averti, ouvert et apte à comprendre quelques notions  élémentaires sur la vie des êtres vivants par exemple l’utilité des nutriments, de l’eau, et de l’air; et prêt à chercher l’information utile.
-          Il doit être un homme ayant un sens du rationnel, savoir quant il faut acheter ou vendre, et  introduire les aspects économiques afin d’assurer la viabilité de son projet,
-          Il doit être dynamique, aimant bien son métier, et attaché à son unité de production.


Batiments d'élevage

-          Ils doivent  recevoir le minimum d’investissement car ils font partie du capital improductif. Les constructions en dur doivent être limitées aux bâtiments de mélange des aliments et pour le stockage de ceux-ci s’il y’a un gain appréciable sur le stockage de longue durée.
-          Les animaux supportent bien les conditions diverses du climat et même l’augmentation des besoins énergétiques pour lutter contre le froid sont minimes et sont largement compensés par la rentabilité du capital transféré du bâtiment à l’animal.
-          Dans certaines situations le confinement déprécie les performances des animaux et cause la cécité sinon il augmente les charges (Tableau I).

Tableau I : Comparaison des croissances de taurillons Santa Gertrudis élevés à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments (-2<T°C>15). (Roummani en 1991)
_______________________________________________________________

                                                                                  Intérieur                      Extérieur
_______________________________________________________________

Nombre d’animaux                                          14                               14
Poids vif initial (kg) le 12-11-1990               170.4                          170.1
Poids vif final (kg) le 14-02-1991                 237.6                          243.4
Gain moyen quotidien (kg)                             0.71                            0.77
_______________________________________________________________
                                                           (Source : Derkaoui, résultats non publiés)

-          Les approvisionnements mensuels libèrent le capital tournant pour qu’il soit utilisé dans l’appareil de production et de ce fait le stockage nécessitera très peu de surface couverte en plus des nouveaux moyens de protection tels que le plastic contre les pluies, le vent et les prédateurs.

-          Les ateliers d’engraissement doivent assurer les conditions d’élevage suivantes :

o   Protection contre le vol,
o   Bonne aération et une circulation de l’air adéquate pour permettre l’entrée de l’air pour la respiration et la sortie du gaz carbonique, méthane, de l’ammoniaque, et des odeurs,
o   La pénétration du soleil est capitale pour la production de la vitamine D et le dessèchement de la cour, et la désinfestation du milieu,
o   Une aire minimale de 10 m²/tête  pour les taurillons et 3 m²/tête  pour  les agneaux et chevreaux,
o   Une pente de 1% pour faciliter la sortie des eaux de pluie et de l’urine,
o   Un parterre non cimenté pour éviter les panaris mais suffisamment dur  pour empêcher les sabots de s’enfoncer et faciliter le passage du tracteur ou de la brouette lors du ramassage du fumier.
o   Les abreuvoirs et les mangeoires en espace suffisant pour éviter le bousculement et les attaques des grands,
o   Une ombrière pour garder l’eau et les animaux sous l’ombre en période chaude,

 

Approvisionnement en animaux


Vu que la source d’approvisionnement influence sur l’état de santé de l’animal et sur ses conditions corporelles, on doit prendre en considération trois sources :

-          L’exploitation elle-même, dans ce cas les animaux seront traités comme produits de la ferme et doivent recevoir la conduite qui sera détaillée dans les paragraphes qui suivent,
-          Des exploitations voisines, ces animaux doivent suivre la même conduite que ceux achetés du souk ou si cette origine ressemble à la première les animaux recevront la même attention que ceux nés dans la ferme,
-          Les souks hebdomadaires. Il est conseillé d’éviter les souks éloignés et de s’assurer que le vendeur est un type correct.
-          L’enregistrement est une opération recommandée.

 

Choix des animaux


-          Lorsque les animaux sont issus de l’exploitation, une sélection nécessite d’être opérée avant la phase d’engraissement. Les animaux chétifs, de mauvaise conformation, ou présentant une tare sont à vendre car ils ne vont pas rentabiliser les investissements futurs. Le même principe s’applique sur les vaches, brebis, et chèvres de réforme,
-          Si les animaux proviennent du souk ou des exploitations voisines, l’éleveur doit trier et prendre les animaux sains, maigres mais ayant une stature qui donnera une bonne conformation. Toute bête présentant une anomalie ou une maladie visible quelle que soit son degré (gonflement des pieds, denture, hernie, vision, …etc.) ne doit pas faire l’objet de rapatriement.  Les animaux jeunes croissent plus vite que ceux âgés et laissent une marge bénéficiaire meilleure (fig. I).
-          Les animaux seront groupés selon leur espère, sexe, age, taille, race, et état physiologique et lorsque les ressources sont limitées on ne prend que le même type d’animaux pour avoir un groupe homogène et avoir une conduite facile.

Les dates d'entrée et de sortie des animaux seront déterminées en fonction de la conjoncture du marché.
Le choix de l'âge et du poids à l'entrée de l'atelier d'embouche est un élément capital pouvant influencer la rentabilité de l'élevage. En effet, cette dernière doit théoriquement augmenter en parallèle avec l'efficacité alimentaire.
Donc, l'objectif recherché est d'optimiser l'efficacité alimentaire à travers le choix approprié de l'âge, du poids et de la conduite technique de l'atelier, lequel choix est dicté par les paramètres liés à l'évolution de la croissance des animaux (poids et gain de poids journalier GMQ). Il conviendrait de rappeler ces éléments par l’analyse de la figure n° l qui traite de la courbe de croissance théorique (évolution du poids des animaux exprimé en kg de poids vif) et du croit journalier (GMQ) chez le taurillon.
La courbe de croissance laisse distinguer 2 phases :
1 - Une croissance accélérée pendant le jeune âge de l'animal.
2 - Une croissance retardée aboutissant au poids adulte.
Le croit journalier (GMQ) exprimé en kg de poids vif / jour, traduit la vitesse d'augmentation du poids en fonction du temps. L'allure de sa courbe présente 2 phases principales :

- La première allant jusqu'à la puberté au cours de laquelle le potentiel de croissance est élevé. Le croit moyen quotidien augmente avec le temps.

-la deuxiéme après la puberté où le potentiel de croissance diminue. le coit journalier diminue avec le temps


Soins vétérinaires

Les soins sont d’une importance capitale puisqu’ils permettent le contrôle des parasites qui prélèvent une partie ou parfois la totalité du revenu de l’éleveur. Ce dernier doit être conscient que si un animal est malade sa vie est en danger. Ainsi, les animaux nés sur l’exploitation doivent recevoir du colostrum pour développer une forte immunité. Ils doivent par la suite être vaccinés dès leur jeune age contre les maladies contagieuses et redoutable comme la tuberculose, la brucellose, l’entérotoxémie, le charbon, et autres maladies.
Les programmes prophylactiques constituent une participation de l’Etat et les gens sont encouragés à en tirer profit.
Pour les animaux achetés et aussi pour ceux nés sur place, un déparasitage interne contre les vers (teigna et ascaris) et les douves et externe contre les tiques, les poux et la gale est obligatoire.
La lutte contre les mouches, les tiques, et les moustiques est vivement louable.
En cas de maladie, la consultation d’un vétérinaire est impérative. Il est déconseillé d’administrer un antibiotique ou un produit pharmaceutique ou chimique sans l’avis d’un spécialiste.
Il ne faut surtout pas vendre l’animal sans attendre la période de disparition de ces produits pour protéger la vie humaine.

Conduite

Il faudra s’assurer de la propreté des locaux, des abreuvoirs, des mangeoires, des animaux, des ouvriers,  et de la litière surtout pour les animaux d’exposition et de l’Aid, d’où l’importance d’avoir des enclos assez grands bien aérés et ensoleillés,
L’estimation du poids des animaux indirectement par mensurations peut aider sur la prédiction des résultats et ainsi prendre des décisions immédiates.
Le maintien d’un cahier journal sur la conduite, le comportement, des animaux, les différentes opérations, et l’utilisation des intrants , permet non pas uniquement de corriger le tir mais aussi d’éviter dans le futur les mêmes erreurs. Souvent on oublis mais lorsque on écrit on cristallise le savoir faire.
Un suivi régulier et continu de l’éleveur est le meilleur outil pour réparer les erreurs avant qu’il ne soit trop tard.

Stabulation


Les principaux  modes de stabulation sont : entravée ou libre.
La stabulation libre permet de contrôler la prise des aliments par chaque individu et élimine l’effet de dominance quand le groupe est hétérogène. Cependant, elle nécessite plus de main d’ouvre et de paille pour la litière.
La stabulation libre demande moins de main d’œuvre et peu ou pas de paille pour la litière et permet l’accès libre aux aliments et surtout à l’eau. Elle est meilleure quand le groupe est homogène ou familier.
Le comportement social des animaux peut être orienté pas l’éleveur en introduisant la sérénité par des interventions de correction au début de la vie en commun comme l’arrêt de montes par l’attachement des pieds avant et arrière, l’écornage, la présence de quelqu’un durant le jour pendant les premiers jours.

 

Besoins des animaux


Sans revenir en détail aux principes de nutrition des animaux domestiques, pour se maintenir en vie et développer la masse corporelle et les divers organes, les catégories d’éléments suivantes ont indispensables et doivent être apportées d’une manière continue aux animaux :
-          L’air,
-          L’eau,
-          L’énergie,
-          Les protéines,
-          Les sels minéraux,
-          Les vitamines.

Ces éléments sont très influencés par des facteurs liés à l’environnement (froid, chaleur, vent, parasites, etc...) et d’autres liés à l’animal (race, sexe, age, état physiologique, etc..).

Les conditions de l’environnement comme le froid demandent plus d’énergie pour compenser les pertes de chaleur et maintenir le corps dans un état homéotherme. Il est de même pour les périodes de chaleur intense, pour la boue et le vent.

Les parasites prélèvent une fraction des aliments pour leur compte et l’animal s’en  trouve privé d’autant plus qu’il devient un mauvais transformateur des aliments.

D’une manière générale, et par unité de poids métabolique, les besoins diminuent avec l’age, toutefois les besoins globaux s’accroissent. Le progrès génétique fait augmenter les besoins des animaux de plus en plus performants, alors que les males ont des besoins généralement supérieurs aux femelles.

L’effet de la race est aussi significatif surtout entre les races à viande les  races laitières bien que ce point fait l’objet de beaucoup de controverse en raison de la publicité menée par les producteurs de telle ou telle race.

Il y’a lieu de distinguer entre les besoins nutritionnels et l’efficience de l’utilisation des aliments qui sera traitée ultérieurement.

A l’issue de recherches faites sur les tissus des animaux, les bilans, les carences, et autres mesures, les besoins des animaux à l’engrais sont relativement bien évalués et les tables indiquant ces besoins sont nombreuses. Leur présentation dépend du lieu où elles ont été produites, mais elles ne cessent de se perfectionner par les nouvelles données de recherche.

En conséquence, différents systèmes d’estimation existent et le passage d’un système à l’autre est facile. Ils sont mis sur support informatique (ex. Taurus, 1990).

Une distinction doit être faite entre les types de besoins. Certains servent à l’entretien de l’animal, aux activités de digestion, et de déplacement,  alors que le reste sert au dépôt de tissu corporel (viande, graisse, peau, et os), communément appelés besoins de croissance et d‘engraissement.

 

Apports nutritionnelles


L’eau doit être apportée à volonté. L’animal en pleine croissance ou à l’engrais doit avoir l’accès libre à l’abreuvoir surtout en périodes de chaleur ou recevant des aliments de haute valeur énergétique. L’eau doit être potable, protégée de la poussière et sous l’ombre. L’abreuvoir doit être nettoyé fréquemment pour éviter le développement des algues et des microbes.

Certaines demandes peuvent être satisfaites à partir de plusieurs sources alimentaires en raison de la conversion des aliments au cours des processus métaboliques et le long des cycles biochimiques comme l’utilisation des sucres, des lipides, et des protéines pour la production de l’énergie et comme le recyclage de certains éléments comme l’azote.
Aussi, l’utilisation des aliments n’est pas la même si les animaux passent de l’état d’entretien à l’état de production (croissance ou engraissement).
Il est donc nécessaire d’établir un système d’appréciation des besoins et des apports et avec des variables tenant compte de cette conversion. Ce système d’appréciation doit être assez bon pour estimer aussi la valeur nutritionnelle des aliments pris séparément ou en association.

Les besoins et les apports sont exprimés à travers les mêmes variables à savoir : l’eau (l), l’énergie pour l’entretien (kcal), l’énergie pour la croissance et l’engraissement (kcal), les protéines brutes (g), les éléments minéraux majeurs (Ca, P, Na, P, S et autres) et mineurs (Fe, Se, et autres) (g), et les vitamines (A, D, E, et autres). Pour chaque élément on peut aller encore en détail comme le nouveau système d’évaluation des protéines qui tient compte de la dégradation des protéines dans le rumen et l’intestin (PDI, PDIE,...) mais dans la pratique on se limite aux éléments majeurs car les améliorations ne compensent pas les efforts consentis de plus.

Il y’a lieu de mentionner certains points liés à la croissance et engraissement des animaux en particulier :

 

-          La capacité d’ingestion des aliments par unité de poids décroît avec l’age et le poids de l’animal (Tableau 2 ),


Tableau 2 : Variation de l’ingestibilité des aliments avec le poids des anilmaux
                    

 

      Poids des                   
      Animaux (kg)             130      180      225      270      315      360      405      450      495
_________________________________________________________________
      Ingestibilité
         (kg MS)       3.60     4.95     5.85     675      7.56     8.46     9.13     9.22     11.4
      _______________________________________________________________
      Ingestibilité
      kg MS/
100 kg PV      2.78     2.75     2.60     2.5       2.4       2.35     2.25     2.2       2.1
__________________________________________________________________
                                                                                                    (NRC, 1984)
-          Les besoins pour la production d’une unité de la masse corporelle augmentent avec le poids et donc l’age (Tableau 3  ) d‘où l’intérêt de vendre les animaux une fois qu’ils arrivent au poids optimal (e.g., 450 kg pour les taurillons). Aussi, lorsque un animal est engraissé il faut le sortir dés que possible et ne pas le remettre sous un régime moins énergétique même si les conditions du marché sont un peu défavorables.

Tableau 3 : Variation des besoins en UFL avec le poids pour  production d’un kg de poids vif.

            _______________________________________________________________
Poids 
 (kg)                150      200      250      300      350      400      450      500      550
_______________________________________________________________

UFV               3.2       4.0       4.7       5.4       6.1       6.7       7.4       8.0       8.5
            _______________________________________________________________
                                                                                              (INRA-France, 1978)

-          Les besoins d’entretien sont en général supérieurs à ceux de production, et l’éleveur a intérêt à alimenter ses animaux au maximum (ad libitum) pour absorber la partie improductive utilisée pour l’entretien (Tableau 4 ).

Tableau 4: Variation des besoins énergétiques journaliers d’entretien
(NEm)  et de production (NEg) avec le poids et le niveau de
production.
            _______________________________________________________________

Poids (kg)                              200                  300                  400                  500

            NEm Kcal                              4.10                 5.55                 6.88                 8.14

Gain journalier (kg)             ________________NEg kcal________________

                  0.1                              0.28                 0.39                 0.48                 0.56
                  0.6                              1.81                 2.46                 3.05                 3.60
                  1.4                              4.63                 6.29                 7.80                 9.22
      _______________________________________________________________
                                                                                                    (NRC, 1976)
la croissance compensatrice est une situation particulière qui laisse l’animal gagner au cours d’une période courte plus de poids que la normale (fig. II). En conséquence, l’animal devient efficient et rentabilise l’aliment comme s’il était plus jeune tout en réalisant des gains exceptionnels.

 

Ressources alimentaires

 


La particularité des ruminants est la transformation des ressources non utilisables par l’homme comme la cellulose (paille, bois, la plus part des végétaux) en produits utiles comme la viande, le lait, la laine, et la peau.

Les aliments ont plusieurs origines surtout pour les ruminants qui ont la particularité de digérer les produits contenant la cellulose. Plusieurs façons ont été proposées pour classer les aliments en groupes homogènes ayant des caractéristiques semblables. La plus pratique est celle qui s’approche aux catégories de besoins. C’est ainsi qu’ils sont classés en, eau, aliments énergétiques, protéiques, minéraux, et vitamines. Certaines sous-classes comme les fourrages (verts coupés ou pâturés, secs, ensilage), les concentrés (céréales, sous produits industriels, graisses), les protéagineuses et tourteaux, les sels minéraux, et les complexes minéraux et vitaminés.

Certains aliments donnent des résultats meilleurs lorsqu’ils sont utilisés pour l’entretien que pour l’engraissement. C’est le cas des aliments grossiers comme la paille. Donc pour l’engraissement la ration doit contenir le strict minimum de matières cellulosiques nécessaires pour la rumination pour obtenir le maximum de gain de poids. Toutefois, il revient à l’éleveur de chercher l’optimum de rentabilité qui est fonction de prix de matières premières et de celui de la viande.

 

Formulation de rations


Les apports alimentaires sont fournis par la combinaison de ressources alimentaires disponibles dans l’exploitation ou achetées du marché. L’utilisation d’une seule denrée va apporter un nutriment plus que les autres (Tableau 5). Aussi, il est démontré que les effets associatifs ou antagonistes de certains aliments ont un impact appréciable su la croissance et l’engraissement des animaux. De plus, certains aliments ne peuvent pas être distribués seuls. A un niveau donné, ils deviennent soit toxiques, refusés par les animaux, ou non économiques, et des seuils d’acceptabilité sont fixés dans la formulation des rations alimentaires.

Tableau 5 : Comparaison de la valeur nutritive de quelques aliments.
                       
_____________________________________________________________________
                                   __________________/kg MS___________________________ 
Aliment                                  UF      Protéines       
                                                           Brutes (g)                   Ca (g)             P(g)


Paille de blé                            0.4         40                                 3.5                 1.0    
Orge                                       1.0       101                                 0.8                 3.4
Son de blé                              0.7       145                                 1.0               10.7
Tourteau de tournesol                        0.65     364                                 3.7               10.4
CMV                                      0              0                             180                  30
_____________________________________________________________________
                                                                       (INRA-France, 1978 et fabriquant)

La valeur nutritive et alimentaire des aliments est largement étudiée à travers des mesures de digestibilité, d’appétabilité, de performances des animaux, et des bilans. L’analyse chimique essaie de caractériser chaque aliment suivant ses constituants. Elle est approximative mais donne des résultats satisfaisants. Les tables de valeurs alimentaires disponibles sont très performantes et subissent des améliorations permanentes.

Pour la formulation de rations, des logiciels informatiques sont disponibles comme l’InRation, formule2000, Taurus, Mix-it. Ils intègrent les besoins et ajustent les apports en tenant compte des prix des matières premières, de la viande, et même les autres coûts comme la main d’œuvre.
Ci-après, sont donnés des exemples de rations pour taurillons, et agneaux. Cependant, ces rations peuvent ne pas être valables si les prix de matières premières ont changé.


Exemples de Rations pour taurillons ave les GMQ observés :

 

Ingrédients
Ration 1
Ration 2
Ration 3

%
Paille
40
15
Foin de B.Qualité

 

12
Luzerne déshydratée
12
Pulpe S Betterave
12
Mélasse
20
12
6
Orge concassée
28.5
50
Mais concassé
35
Aliment composé
10.5
Féverole concassée
Tourt. Tourn.
9
12
Urée
1
Chaux
1
Sel marin
0.5
0.5
CMV
1.5
1.5
GMQ
0.5 kg
1 kg
1.3 kg
Ration 4: basée sur les concentrés:

Ingredients
Phase I
Phase II
Phase III
Poids initial (kg)
200
300
350
Poids final (kg)
300
350
400
Gain Moy Quotidien (gr)
1000
1000
1000
Durée d'engraissement (j)
100
50
50
Quantité d'aliments (kg/j/animal)




Orge 2           (35,8%) 2.63        (33,5%)

2            (23%)
Son 1.17       (20,9%) 1.34         (17%) 1.87      (21,7%)
PSB 0.21       (3,7%) 1.17         (15%) 1.67       19,3%)
Tourteaux Tourn. 0.63       (11,3%) 0.58         (7,5%) 1           (11,5%)
Paille 1.5         (26,8%) 2             (25,5%) 2            (23%
CMV 80 gr      (1,5%) 120 gr      (1,5%) 130 gr   (1,5%)
           
Ration 5: basée sur la mélasse:

Ingredients
Phase I
Phase II
Phase III
Poids initial (kg)
200
300
350
Poids final (kg)
300
350
400
Gain Moy Quotidien (gr)
1000
1000
1000
Durée d'engraissement (j)
100
50
50

Quantité d'aliments (kg/j/animal)



Mélasse 2         (36%) 2.6       (38%)


4             (45%)
Orge concassée 1.7      (30%) 1.8        (26%) 2             (22%)
Tourteaux Tourn. 0.8       (14%)
0.8        (12%)
0.8           (9%)
Paille 1          (18%) 1.5        (22%)
2            (22%)
CMV 100 gr   (2%) 100 gr    (2%) 100 gr      (2%)

DISTRIBUTION DES ALIMENTS :


Il y a différentes manières de distribution les aliments aux animaux. On peut faire un mélange de tous les ingrédients et le donner aux animaux en une ou plusieurs prises, et dans ce cas il faut que tous les éléments soient mélangés uniformément  et ceux de grande taille broyés au préalable. Une autre matière est de distribuer les aliments grossiers le matin et mélanger les autres après broyage et distribuer des quantités suffisantes en 2 à 3 repas. Il faudra faire attention aux corps étrangers (plastic, morceaux de fer, pierres). L’important est que la ration soit équilibrée et que les animaux mangent à leur fin.


Lors d’une étude de faisabilité d’un projet d’engraissement, il faut se renseigner sur l’opportunité d’une telle opération. Plusieurs étapes sont à prendre en considération et en particulier :

-          Collecte de données fiables sur les prix,
-          Contenu du projet et sa localisation,
-          Sources de financement et d’approvisionnement,
-          Relations avec les fournisseurs et les clients,
-          Qualité des produits,
-          Etude économique et financière,
-          Timing de réalisation.

Souvent, on fait des suppositions qu’on admet sous contrôle, mais il faut les suivre de près pour éviter des surprises.

 

Source :http://agroelevage.blogspot.com

Enregistrer vos commentaires

commentaire